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Skill — Arbitrage des choix hybrides (la grille de souveraineté)

Skill transversal du dispositif. La même machinerie de décision que l'agent applique à ses propres choix gouverne tous les choix technologiques hybrides de l'organisation — l'IA souveraine / API tierce n'en est qu'une surface. Hérite de ../Boucle-de-retroaction.md (un choix s'évalue par un test = une boucle). Lignée : la doctrine de souveraineté du Manifeste Maury.

Thèse. Cloud/on-premise, propriétaire/open source, avec/sans support, IA souveraine/tierce ne sont pas quatre décisions séparées : c'est la même question sous quatre surfaces. La traiter une fois, bien, et la réappliquer.


1. Les axes hybrides — une seule décision, plusieurs surfaces

Axe Pôle « réversible / souverain » Pôle « exposé »
Substrat on-premise cloud
Origine open source propriétaire
Support auto-maintenu (maîtrise interne) avec support (dépendance fournisseur)
IA modèle souverain API tierce

Chaque axe a ses compromis ; aucun pôle n'est « bon » en soi. Ce qui compte n'est pas le pôle, c'est de pouvoir en répondre.

2. Les trois étages de souveraineté (à appliquer sur chaque axe)

  • Résidence ça tourne (territoire, datacenter). Résider quelque part n'est pas en être souverain.
  • Souveraineté des donnéesqui peut contraindre l'accès (juridiction, clés, lois extraterritoriales). Une donnée chez soi mais sous clé étrangère n'est pas souveraine.
  • Souveraineté de capacitépuis-je inverser, substituer, reprendre la main (réversibilité, alternatives, compétence interne). C'est l'étage le plus souvent oublié.

3. Le test de réversibilité

Louer le réversible, posséder l'irréversible ; au doute, traiter comme irréversible. Un SaaS propriétaire sans porte de sortie = réversibilité faible ; un OSS auto-hébergé = forte ; un OSS supporté = intermédiaire ; un on-premise mono-fournisseur = résidence forte mais capacité faible. Le pôle ne dit rien seul ; c'est la sortie possible qui qualifie.

4. Dépendances héritées vs assumées

Une dépendance subie (héritée d'un choix amont, d'un standard, d'un écosystème) se fait remonter. Une dépendance assumée (le SaaS qu'on a choisi, le cloud qu'on a retenu, l'OSS qu'on a décidé de ne pas supporter) est pleinement imputable. Le choix d'exposition est toujours imputable — on en répond.

5. La hiérarchie de veto (lexicographique, pas un score)

altérité → réversibilité → érosion → coût. On tranche dans l'ordre ; un étage ne se rachète jamais par le suivant.

  • Altérité — un tiers non consentant est affecté (RGPD, patient, usager, donnée d'autrui). C'est une contrainte, pas une vertu : elle prime tout.
  • Réversibilité — peut-on défaire ?
  • Érosion — est-ce qu'on glisse vers « assez fiable pour qu'on cesse de vérifier » ?
  • Coût — en dernier, jamais en premier.

Exemple : un outil propriétaire moins cher qui expose des données patient à une juridiction étrangère perd sur l'altérité — le coût n'est même pas examiné.

6. Le danger commun à toutes les surfaces

« Assez fiable pour qu'on cesse de vérifier. » Vrai d'un modèle IA comme d'un fournisseur SaaS qu'on n'audite plus, d'un OSS qu'on ne relit plus, d'un cloud dont on a oublié la porte de sortie. La vérification doit rester un réflexe, sur chaque axe.

7. Ce qui se trace en ADR

Tout choix hybride non trivial (cloud vs on-prem, proprio vs OSS, support vs auto-maintenu, IA souveraine vs tierce) déplace la souveraineté et la réversibilité → ADR. Les choix irréversibles : validation humaine et enforcement au substrat (enforcement.md), jamais dans l'agent seul.


La même grille pour l'agent et pour l'organisation. Dérivé du Manifeste Maury (CC BY-SA 4.0).